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  1. Je me demande si on peut présenter au bac une double page magazine du livre de Terminale ; ce n’est pas vraiment un texte mais un collage de plusieurs petits extraits accompagnés de photos.
  2. Lexique et trace écrite, que doit-on écrire pour le bac ?
  3. Il n’ y a plus de questions. Le travail semble trop mâché. N’avez-vous pas l’impression que l’élève n’a plus beaucoup d’efforts à faire ?
  4. Pourquoi donner autant de lexique ?
  5. Comment peut-on utiliser le lexique ?
  6. Pourquoi cette séparation entre “Para comprender y presentar” et “Para expresarse” ? Comment fait-on en classe ?
Je me demande si on peut présenter au bac une double page magazine du livre de Terminale ; ce n’est pas vraiment un texte mais un collage de plusieurs petits extraits accompagnés de photos.
C’est une question qui doit amener deux réponses, l’une légale et administrative, l’autre déontologique et pédagogique. Est-ce que j’ai le droit ? Est-ce que c’est bien pour mes élèves ?

Concernant le premier point, la réponse est bien sûr oui.
Le texte : les articles du B.O. du 07/06/01 précisent que les épreuves orales dans les diverses séries portent sur des documents étudiés en classe. Expression très large qui permet bien de ne pas se cantonner au simple texte monolithique, littéraire ou journalistique.
La longueur des textes : On parle également du volume GLOBAL des textes de la liste, qui doivent représenter une quinzaine de pages en tout ; mais à aucun moment il n’est fait allusion à une longueur minimum pour UN texte 1 . D’ailleurs, dans cet esprit, on comprend parfaitement que 10 vers de Lorca peuvent être plus féconds que 50 lignes de la presse quotidienne.
Un document composite : Le même B.O. dit qu’à ces textes peuvent être ajoutés des documents iconographiques. Rien n’empêche donc, comme le proposent les pages magazines, de mettre en synergie l’écrit et l’image au sein d’un même document, pour servir le sens du problème abordé et nourrir la réflexion et donc la prise de parole de l’élève.

Est-ce que c’est bien pour mes élèves ?
Disons d’emblée que ce type de document ne surprend pas nos élèves qui sont habitués, dans les autres disciplines comme l’histoire et géographie ou les sciences économiques, à travailler ensemble iconographie et textes.
La variété du document et sa richesse sont d’une aide précieuse au moment de chercher à appuyer un commentaire, une explication, ou lorsqu’il faut répondre à une question de l’examinateur.
Enfin cette variété dans les supports permettra la variété dans l’expression ; l’élève pourra changer de registre, de type de présentation, passer d’un champ lexical à un autre en circulant à l’intérieur de la double page, en déduisant, opposant ou comparant ; il mettra ainsi mieux en valeur le travail accompli au cours de l’année. Et à aucun moment le futur candidat ne se retrouvera enfermé dans un commentaire de texte dont le sillon aurait été creusé trop profond pour lui.

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1 Voici à titre d’exemple, pour l’épreuve de la série ES LV2, le paragraphe concernant ce point : « Cette épreuve porte sur un document étudié en classe, que l'examinateur choisit sur la liste qui lui est présentée. Les textes de cette liste représentent un volume global d'une quinzaine de pages (2 000 caractères en chinois ; 4 000 signes, kanji et kana compris, en japonais). À ces textes peuvent être ajoutés des documents iconographiques. »
Lexique et trace écrite, que doit-on écrire pour le bac ?
• Grâce l’organisation interne de Comprender y presentar et Expresarse l’élève a déjà en main tous les outils nécessaires à une révision efficace : éléments lexicaux et syntaxiques, découpages logiques des textes qui fournissent des plans par eux-mêmes.
• Les ateliers sont construits de façon à permettre aux élèves d’apprendre à s’exprimer de manière autonome. Au moment de la révision, le lexique du manuel servira de complément aux phrases et aux trouvailles pertinentes de la classe qu’on aura pris soin de faire consigner dans les cahiers.
• Ainsi, les outils fournis par le manuel, complétés par la trace écrite des réalisations effectives de la classe doivent permettre à l’élève de progresser dans l’acquisition d’une langue autonome. Il pourra s’y référer pour s’approprier et consolider ses progrès. Les épreuves du baccalauréat peuvent alors jouer leur vraie fonction d’évaluation de la capacité à comprendre l’espagnol et à s’exprimer dans cette langue.
Il n’ y a plus de questions. Le travail semble trop mâché. N’avez-vous pas l’impression que l’élève n’a plus beaucoup d’efforts à faire ?
 Non le travail n’est pas mâché, et l’élève a bien des efforts à faire pour comprendre et dire par lui-même ce qu’il a saisi. En effet, comprendre un texte et s’exprimer posent à l’élève de nombreux problèmes qu’il doit apprendre à résoudre par l’expérience. La pédagogie consiste alors à le mettre sur la voie, sur le chemin du sens, qu’il doit prendre et poursuivre (et non à le mettre au défi de deviner ce qu’attendrait le professeur). Il faut lui confirmer que son intuition mérite la peine d’être prolongée, le mettre en confiance en lui montrant qu’il est bien parti. Eh bien, telle est la fonction des titres et du vocabulaire dans Nuevos Rumbos.
Pourquoi donner autant de lexique ?
 Le lexique choisi propose des moyens d’expression ad hoc, suggère des pistes, comme le ferait une indication ou une question du professeur.
Cela doit permettre, après que les élèves se seront un peu familiarisés avec cette pratique, de limiter le besoin de questionnement et ainsi de laisser plus de place à l’initiative, donc de développer l’autonomie. L’élève, en effet, est moins « attentiste », moins dépendant d’un questionnement. C’est lui qui s’interroge sur le sens et interroge le texte à l’aide des indices qui lui sont donnés : il n’est ni abandonné au désarroi, ni assisté à chaque pas.
Comment peut-on utiliser le lexique ?
 On peut donner une consigne initiale et ensuite s’efforcer d’animer un échange dans la classe : le fait de ne point recourir systématiquement à la question évite que les élèves répondent au seul questionneur, le professeur (le cours étant alors une suite de « dialogues » séparés entre un élève et le professeur), et, par là même, contribue à l’instauration d’une véritable écoute entre élèves et d’échanges réellement collectifs. De plus, la présence de ce « guide » de compréhension et expression doit alléger la prise de notes, et rendre chacun plus libre de participer au travail collectif, en classe. Au lieu de se sentir soumis à un interrogatoire, l’élève trouve de bonnes raisons de prendre la parole.
Pourquoi cette séparation entre “Para comprender y presentar” et “Para expresarse” ? Comment fait-on en classe ?
 Cette partition est fondée sur trois considérations que voici :

. Il y a un ordre et une procédure logiques : d’abord on cherche à comprendre, on déchiffre, c’est un événement intérieur ; on est ainsi en mesure de dire ou présenter ce que l’on a interprété, c’est là un premier acte de communication ; enfin on peut raisonnablement, c’est-à-dire en connaissance de cause, s’exprimer à propos du message, et ce quel que soit son propre niveau de langue.
Or l’élève a besoin d’être accompagné et aidé dans chacune de ces deux étapes. De là les deux différentes rubriques et leur ordre, qui respecte la démarche de la pensée. D’abord, à travers la prise de parole, il voit confirmée pas à pas sa compréhension. Ensuite, il est incité à dire ce qu’il pense et ce qu’il ressent.

. Les deux temps de l’épreuve orale du baccalauréat correspondent essentiellement à ces deux rubriques : on attend du candidat qu’il présente d’abord le document (Para comprender y presentar) puis qu’il s’exprime personnellement au sujet de celui-ci (Para expresarse).

. Le distinguo clairement opéré entre les deux tâches –qui correspondent de façon naturelle à deux temps successifs du cours– permet d’apporter une aide adaptée à chacune, en fonction des besoins et difficultés différents ressentis par l’élève. Il faut un accompagnement spécifique pour faire comprendre et pour permettre de dire sobrement le sens élucidé, et un autre, distinct, pour susciter et faciliter la prise de parole personnelle à propos du document.
Pour réaliser ce deuxième objectif nous proposons à l’élève des tâches, de type atelier, avec une double préoccupation : problématiser, pour suggérer un contenu, pour donner matière à parler ; et présenter des situations concrètes de prise de parole, pour que l’élève s’exerce régulièrement à s’exprimer, s’entraîne à argumenter, à réagir et à prendre position.
Cette pratique régulière d’une parole en situation, pour exprimer des jugements, analyses ou prises de position personnelles qui seront confrontés avec ceux et celles des autres a deux vertus principales : elle permet l’acquisition de stratégies pragmatiques, de « réflexes », et, de la sorte, donne confiance à l’élève qui voit progresser son aisance.
De surcroît, le contenu de ces prises de parole et de ces échanges constituera de facto une réserve d’« idées » à développer, ou à agencer personnellement, lors de l’examen.