
Motiver la communication
par l'action !
Comment faciliter la mise en place des activités orales et en laisser une trace aux élèves ? Quels outils pour une évaluation performante et motivante ? Par Odile Martin-Cocher, coordinatrice pédagogique de la collection Enjoy English.
Cette atelier reprend des questions posées par des enseignants à Odile Martin-Cocher lors d'un Chat le 31 mai 2011. Pour être informés des prochains Chats Didier, inscrivez vous ici.
Quelle démarche actionnelle pour une implication forte des élèves? COmment lier apport culturel et démarche actionnelle? Par Odile Martin-Cocher, cordinatrice pédagogique de la collection Enjoy English.
Compte tenu du faible nombre d’heures par classe, souvent à 35 pour moi, la réalité du terrain m’impose souvent de me limiter à des pseudo ou micro tâches. Ce n’est pas satisfaisant, mais pas souvent contournable. Qu’en pensez-vous ? (Ms Wondering)
O. M-C :Vous voulez sans doute dire 35 élèves par classe, ce qui est effectivement très lourd en collège. Cependant, je ne vois pas ce que vous voulez dire par pseudo tâches. Je m’explique. Si vos élèves sont en communication ou en action, même si la tâche ou le projet est très modeste, c’est un processus d’apprentissage qui est en marche. Ce qu’il faut éviter, je crois, c’est que les élèves fassent des choses qui ne font pas sens. Comme par exemple, répondre à des questions dont tous connaissent la réponse parce qu’elle est affichée dans une illustration, visible par tous. À partir du moment où les élèves font des choses qui ont du sens, même si c’est très modeste, ça ne peut pas être préjudiciable.
Par exemple, ce très court jeu communicatif qui peut être mis en place je pense assez facilement, grâce à l’aide lexicale illustrée, va permettre une communication authentique entre les élèves.
Peut-on encore faire de la pédagogie différenciée selon les groupes avec une démarche actionnelle ?(Catherine )
O. M-C : dans Enjoy 6e, nous avons pris soin de scinder les séquences en trois étapes qui sont toutes les trois pilotées par une démarche actionnelle, ce qui va permettre aux enseignants de gérer la longueur des séquences en fonction de leur groupe. Pour une classe qui serait très lente, on peut imaginer de se limiter, pour certaines séquences, à la première étape sachant qu’à la fin de cette première étape les élèves réalisent quelque chose, que ce soit une interaction, un travail en binôme, etc.
L’an dernier, en collège, j’avais le manuel et le worbook Enjoy English dans mes 3 classes de 6e. Cela associé aux CDs forme un ensemble qui me plait et qui a plu aux élèves. Par contre, j’ai plusieurs fois utilisé certains supports à ma façon et dans l’ordre qui me convenait. Un grand merci cependant aux auteurs. (Ms Wondering)
O. M-C : La question qui vient d’apparaître porte sur le même thème que celle de Catherine.
Nous avons effectivement fait en sorte que le professeur puisse gérer ses groupes et son temps de la manière la plus efficace, en extrayant des séquences les étapes dont il a besoin. Sachant qu’à toutes les étapes, les élèves sont mis en action.
Comment gérer les grands groupes ? En effet j’enseigne à des groupes de 32 élèves en 6e de niveaux très hétérogènes. Ils sont très volontaires et participent beaucoup ; ce qui est un problème, c’est l’écoute des autres et la correction des camarades même en insistant sur ce critère...(Cathy)
O. M-C : L’écoute des autres, et finalement l’inter-correction ou l’inter-évaluation, peuvent en effet poser problème. Je pense que si l’on propose aux élèves des activités ou des tâches qui leur demandent une véritable écoute (car ils ont besoin d’un renseignement, ou parce qu’ils doivent terminer quelque chose ou réaliser quelque chose ensemble), on leur donne l’habitude de s’entre-écouter. Mais je pense que Cathy fait allusion aussi sans doute au fait qu’il y a nécessité d’entraîner les élèves à parler devant les autres, par exemple en prise de parole en continu, ou même à passer à l’oral en binôme ou en groupe pour un entraînement avant un test par exemple. Se pose alors le problème de l’écoute. Nous proposons dans la collection Enjoy des moments d’entraînement à l’auto-évaluation à l’aide de fiches d’évaluation fournies dans les guides. Ceci permet aux élèves qui écoutent, d’écouter dans un but précis puisqu’ils doivent évaluer leurs camarades selon tel ou tel critère qui leur aura été distribué. Ceci correspond à des moments spécifiques de la séquence d’apprentissage, mais cet entraînement à l’entre-écoute aura une influence bénéfique sur l’attitude générale de la classe.
Je suis professeur stagiaire en collège, j’ai des classes de 5e, 4e, 3e ; je travaille avec les manuels Enjoy pour ces 3 niveaux. Pour les classes de 5e, notamment les groupes qui ont un niveau assez faible, comment trouver des activités « à leur portée », très simples, qui les motivent, les fassent parler, et dans lesquelles je puisse introduire du culturel ? (Emma18)
O. M-C : Vous trouverez dans le manuel Enjoy 6e je pense de nombreux exemples de cas où les activités proposées sont à la fois accessibles et culturelles.
Je viens d’afficher un exemple, que vous pourriez éventuellement réutiliser avec un groupe de 5e faible, qui est un jeu de rôle entre un policier et des touristes qui veulent s’orienter dans Londres. Ceci permet de faire découvrir des lieux
célèbres, tout en mettant les élèves dans une situation où ils doivent coopérer et communiquer pour réussir.
Nous allons publier l’année prochaine un manuel de 5e dans lequel nous veillerons comme en 6e à graduer le niveau des activités et des tâches pour que le professeur puisse sélectionner celles qui correspondent le mieux à ses groupes tout en respectant une démarche actionnelle et un apport culturel.
Comment apporter une aide efficace aux élèves en difficulté ? (Chris)
O. M-C : je voudrais parler ici d’un outil novateur qui est de nature à considérablement aider les élèves en difficulté : la vidéo The British Bunch, dont nous reparlerons plus longuement dans le prochain chat prévu le mardi 31 mai à 17h30. Pour vous en dire deux mots, nous avons filmé un groupe de jeunes britanniques qui mettent en scène les interactions et prises de paroles que les élèves réalisent en classe, fournissant ainsi un modèle visuel et oral très précieux, tant en classe qu’à la maison. Plus généralement, dans l’ensemble de la méthode, notre souci a toujours été de fournir aux élèves les moyens de réussir.
Par exemple quand ils ont une tâche à réaliser, comme la création d’une carte de super héros, la démarche pour y parvenir est très clairement balisée. Comme vous pouvez le voir sur cette page du cahier d’activité, le guidage en vue de la rédaction est très précis.
Dans le même ordre d’idée, quand l’élève doit faire un exercice à la maison les conseils méthodologiques fournis ont pour but de lui apprendre à se servir des exemples, à aller chercher l’information là où elle se trouve, à se relire en se donnant des consignes de relecture, etc. Ces aides seront d’ailleurs précieuses aux parents ou aux auxiliaires d’éducation qui aident l’élève lors de son travail personnel.
Je tiens à vous faire savoir que j’enseigne depuis de nombreuses années et que j’ai eu l’occasion de travailler sur de nombreux manuels, néanmoins Enjoy est la collection avec laquelle j’ai le plus grand plaisir à travailler... les supports sont ciblés pour chaque niveau et la progression se fait toute seule... le travail de fond est remarquable et votre aide est très précieuse... (Vanille)
O. M-C : Un grand merci pour vos encouragements !
Au regard de certains manuels (certes, plutôt niveau lycée) je me suis rendu compte que de nombreux ouvrages proposent divers projets au sein d’une même séquence, or une tâche finale n’est-elle pas suffisante ? Les micro-tâches au sein d’une séance se doivent d’être variées, certes, mais comment faire pour varier sans toutefois bâcler et avoir ce fâcheux sentiment d’inachevé... ? (Mahude)
O. M-C : Effectivement cette question s’adresse plutôt au niveau lycée, plusieurs projets au sein d’une même séquence est un cas qui ne se produit jamais en collège. Ce serait beaucoup trop long. Dans Enjoy nous proposons plutôt un pilotage par la tâche en étapes successives ce qui permet justement de varier sans bâcler puisque le but n’est pas de bâcler, mais de boucler quelque chose. Que les élèves aient le sentiment d’acquérir les outils qui vont leur permettre de réussir la tâche finale.
Pourquoi avoir délaissé la trame avec les personnages dont les péripéties étaient appréciées des élèves et donc étaient source de motivation ? (Pmc60)
O. M-C : C’est vrai que les péripéties des héros, particulièrement en 6e, intéressaient et motivaient les élèves. Mais dans une démarche plus actionnelle nous souhaitons que ce soit les péripéties de nos élèves qui les motivent, autrement dit plus sérieusement, qu’ils réalisent des tâches, qu’ils s’impliquent dans des interactions, qu’ils jouent à des jeux qui les incitent à utiliser la langue. Bref, que ce soit ce qu’ils vivent, eux, en classe qui les motive !
Comment intégrer l’aspect culturel à l’approche actionnelle afin de ne plus seulement aborder la civilisation à la fin d’un chapitre ? (Estelle)
O. M-C : Tout au long de nos séquences, nous choisissons nos activités et projets de telle sorte qu’ils permettent une découverte progressive du mode de vie et de la culture britanniques. Nous élargirons à d’autres pays anglophones pour la suite de la collection.
Quand on place les élèves dans une situation typiquement britannique, comme passer son permis de cycliste en Grande-Bretagne, on intègre l’aspect culturel à l’approche actionnelle.
Dans l’exemple ci-contre (on est là bien sûr en fin d’année de 6e), vous voyez que la découverte en compréhension écrite de « Mystical beasts in the British tradition » est la base d’un projet commun : créer un animal mythique, symbolique, que les élèves pourront associer à un lieu de leur choix. Ce travail commun est complètement dans la perspective actionnelle et recouvre des aspects culturels.
Et dans les pages plus spécifiquement culturelles (Round and about), la découverte passe par l’action.
Je trouve que l’apprentissage est très long à démarrer avec la
méthode Enjoy car nous passons beaucoup de temps sur le « I » et le « You » pour revenir ensuite sur les mêmes points avec les autres personnes. Je suis bien consciente de l’apprentissage en spirale mais c’est un peu fastidieux et comme la plupart des élèves ont déjà appris quelques bases à l’école primaire, est-il possible de commencer l’année au book 2 ? (Estelle)
O. M-C : Comme je l’ai dit, vous êtes parfaitement libre d’utiliser la méthode au mieux pour vos élèves, mais un mot sur la fonction de ce Book 1 dans Enjoy 6e. Quand vous dites que l’apprentissage est long à démarrer, j’ai l’impression que vous parlez de l’apprentissage de nouveautés grammaticales ou structurales. D’une part, certains élèves peuvent être de vrais débutants, et une méthode se doit de répondre à tous les cas de figure, d’autre part et surtout, ce que nous voulons mettre en place en ce début de collège, c’est surtout l’habitude de participer, l’aisance à manipuler des outils que l’on a déjà acquis peut-être (lexique, structures), en fait l’aisance à l’oral. La mise en place phonologique, l’entraînement aux interactions, c’est cela qui est fondamental en début d’année, et tant mieux si les élèves peuvent se consacrer à cela grâce au fait qu’ils ont déjà quelques connaissances en anglais.
Par exemple dans ce poème, très peu de
difficultés structurales ou lexicales, en revanche un vrai travail phonologique et presque théâtral que les élèves adorent réaliser.
Bonjour, nous allons changer de manuel en 6e cette année et Enjoy nouvelle édition me plait beaucoup, mais je suis très surprise que vous ayez pris le parti d’éliminer HAVE GOT (alors qu’en comparant avec la première version, j’ai remarqué qu’il y figurait). Pourriez-vous m’expliquer ce choix qui me laisse vraiment perplexe et qui me fait reconsidérer mon premier avis quant au choix du futur manuel s’il vous plait ? (Stéphanie)
O. M-C : Effectivement, nous avons pris la décision de n’introduire HAVE GOT qu’en fin de palier 1, c’est-à-dire plutôt au milieu de l’année de 5e. Notre décision s’explique par le fait que le verbe HAVE, conjugué au présent simple, offre les mêmes possibilités communicatives et son emploi domine dans le monde anglophone. Les occurrences sont infiniment plus nombreuses. Par ailleurs de nombreux collègues nous avaient alertés sur le fait que l’introduction de HAVE GOT induisait des erreurs sans offrir plus de possibilités d’échanges. Notre décision a donc été de simplifier en début d’apprentissage.
Comment faire en sorte que les structures de base et le vocabulaire s’acquièrent quand on n’a que 2 h par semaine ? (Fernande)
O. M-C : C’est vraiment une préoccupation générale et c’est pourquoi nous avons mis au point un outil : le DVD Rom destiné à l’élève, dans lequel les mots nouveaux et les phrases clés de chaque leçon font l’objet d’exercices interactifs variés, auxquels le professeur peut renvoyer les élèves pour un travail à la maison. Chaque mot, chaque phrase peuvent être entendus avant et pendant la réalisation de chaque jeu. Un score est fourni après correction par l’ordinateur. Tout est mis en œuvre pour donner aux élèves l’envie de faire leur travail à la maison et que soient ainsi compensés la réduction des horaires et l’augmentation des effectifs !
J'ai entendu, en formation, que l’on pouvait mettre l’accent sur une activité langagière pendant la réalisation d’un projet et, au final, en évaluer une autre, est-ce bien cohérent ? Merci. (Ms Wondering)
O. M-C : Dans Enjoy, quoi qu’il en soit, nous maintenons une cohérence absolue entre ce que l’on apprend à faire aux élèves et ce sur quoi on les évalue. Je pense que c’est fondamental pour mettre les élèves en situation de réussite et les motiver à poursuivre en confiance leur apprentissage. Nous poursuivrons, si vous le voulez bien, sur la question de l’évaluation dans notre prochain chat.
Cette atelier reprend des questions posées par des enseignants à Odile Martin-Cocher lors d'un Chat le 18 mai 2011. Pour être informés des prochains Chats Didier, inscrivez vous ici.


